Fabriqué à base d’eau, de farine de blé, de glace et de levure, le pain est l’un des aliments indispensables et incontournables dans les menus au Tchad.
Durant cette période de jeûne, les rues des villes tchadiennes se remplissent de pains exposés sur les tables, dans les kiosques, les caisses et chez les vendeurs ambulants. La demande connaît une hausse significative, obligeant les boulangeries à intensifier leur production.
Dans les boulangeries, les machines tournent à plein régime. Les demandes sont énormes et par conséquent, la production augmente. Mais de quelle manière ? C’est ce que nous explique Mbaidedji Emmanuel, pétrisseur dans une boulangerie de la place souligne que « Avant le Ramadan, nous produisions 40 pâtes, parfois 35 par jour. Mais depuis ces trois jours de Ramadan, la production a augmenté. Mercredi et hier, nous avons produit 65 et 70 pâtes. »
Aux alentours de 16 heures, jusqu’au moment de la rupture du jeûne, les cabanes sont prises d’assaut par les clients. Les cabaniers ne savent plus où se donner la tête face au nombre élevé de clients et à la chaleur des chariots sortis directement du four. La pression monte.« À chaque fois que c’est le Ramadan, nous travaillons sous pression. C’est vraiment compliqué, car il nous arrive de nous brûler les mains en essayant de servir rapidement les clients qui ne nous comprennent pas toujours. On a même du mal à rompre le jeûne à temps », nous confie Youssouf Haroun, cabanier depuis 4 ans.
Les clients ne sont pas en reste. Le pain s’impose dans les assiettes.« Nous sommes obligés de venir chercher du pain, car c’est le Ramadan et nous avons beaucoup de plats qui doivent être mangés avec du pain », explique Abba Maloum, un client.
Cette réalité démontre combien le pain, souvent considéré comme un aliment ordinaire, devient crucial durant cette période de jeûne, occupant une place centrale dans les habitudes alimentaires des Tchadiens.