En ce début de juin 2026, un drame silencieux continue de déchirer le Tchad. Les conflits intercommunautaires. Les chiffres récemment annoncés devant le Sénat donnent de vertige, plus de 3 000 morts à l’espace de deux années seulement.
Derrière cette statistique qui interpelle, se cache une réalité plus crue : celle d’un pays qui saigne par ses fissures où les armes remplacent la parole, et où le voisin devient un ennemi.
Le constat est amer. Qu’il s’agisse du conflit dans le Wadi Fira ou du drame récent dans le Mayo-Kebbi Est.
Les véritables problèmes ont ainsi des noms et visages. D’abord, la circulation incontrôlée des armes, et ensuite le long des 1 500 km de frontière avec le Soudan voisin, vient renforcer les choses.
Et comme les tentions sont souvent montées de tous côtés et comme le dialogue cède place à la violence, le moindre mésentente ou prise de bec entre bergers se transforme en règlement de compte bain de sang.
Si le Président de la République appelle au désarmement des civils, la méfiance reste grande dans les provinces qui craignent un désarmement inégal au profit des autres .Ensuite, il y a la question de la responsabilité politique. Combien de gouverneurs, de sous-préfets ou de chefs de canton, ont-ils vraiment été sanctionnés pour négligence ? Combien de meneurs de ces massacres ont-ils été envoyés en justice et condamnés à des peines? Si les assassinats collectifs restent impunis, ils deviennent une méthode de règlement des conflits comme une autre.
Face à ce tableau, le fatalisme n’est pas un choix. Les ressources sont là. les écoles doivent enseigner aux enfants que l’autre n’est pas un ennemi, que l’on délimite clairement les couloirs de transhumance ; que l’on cesse de considérer la gestion des conflits comme une simple variable politique.