À quelques jours de la fête de Ramadan, les marchés de la capitale tchadienne connaissent une forte affluence. Au marché à mil notamment, commerçants et clients se multiplient, donnant l’impression que les maisons sont presque désertées. Hommes, femmes et jeunes se ruent dans les allées à la recherche d’articles pour préparer la célébration.
On y observe également l’arrivée de nouveaux produits dont la qualité attire et séduit la clientèle. Vêtements, chaussures, accessoires de beauté, décorations pour le salon, ustensiles de cuisine, gâteaux et friandises exposés sur les étals captent l’attention des visiteurs. Cette diversité plonge même certains acheteurs dans l’embarras du choix. « Je suis venue au marché pour acheter des habits pour mes enfants. J’avais des idées précises, mais maintenant je suis perdue tellement il y a de belles choses cette année », confie Haoua Hassan.
Concernant les prix, les avis restent partagés. Certains clients estiment que les articles sont abordables, tandis que d’autres jugent les coûts élevés. « Alhamdoulillah, je trouve que les choses sont moins chères cette année. Je suis venue avec une somme que je pensais insuffisante, mais j’ai pu acheter tout ce dont j’avais besoin », se réjouit Zenaba Adoum.
Pour Mahamat Ismaïl, la situation est différente. « Ce n’est vraiment pas facile. Tout est devenu cher. J’ai dû faire beaucoup d’efforts pour acheter des habits pour les enfants et pour mes deux épouses », explique-t-il.
Du côté des commerçants, l’ambiance est plutôt satisfaisante. Ils se félicitent du rythme des ventes qui leur permet d’écouler rapidement leurs marchandises. Toutefois, certains déplorent des difficultés d’approvisionnement. « Nous avons presque tout vendu. Certaines boutiques, surtout celles de vêtements pour femmes, sont presque vides alors que plusieurs de nos articles sont encore bloqués à la douane », affirme Senoussi Djibrine.
Chez les couturiers, le bruit des machines à coudre et des groupes électrogènes résonne sans relâche. À l’approche de la fête, les commandes s’accumulent et les piles de tissus restent importantes. La pression monte, et leur principale préoccupation est de respecter les délais afin de livrer toutes les tenues à temps.Cependant, du côté de nombreux fonctionnaires, l’ambiance est moins festive.
À quelques jours de la célébration, le virement de leurs salaires n’est toujours pas effectif. Cette situation plonge plusieurs familles dans l’incertitude, car beaucoup ne savent pas encore avec quel pied danser pour subvenir aux besoins du ménage et préparer dignement la fête. Entre les dépenses pour les enfants, les vêtements et les provisions, l’attente du virement devient une source d’inquiétude pour ces travailleurs qui espèrent toujours voir leurs comptes crédités avant le jour de la célébration.