En ce mois dédié à la femme, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), a décidé d’aller au-delà des célébrations festives, en ouvrant un espace de réflexion sérieux sur des réalités trop souvent étouffées. Il s’agit de la santé mentale et des violences basées sur le genre (VBG).
Expert en psychologie, le conférencier Djimtadom Moutedé Victoire a souligné dans ses interventions que: toute violence laisse des traces psychologiques. Insidieux mais dévastateurs, les troubles mentaux consécutifs aux VBG s’attaquent à l’estime de soi, au sentiment d’autonomie (empowerment) et à l’ensemble des fonctions psychologiques de la victime. Des blessures pourtant invisibles mais qui paralysent.
Il a par ailleurs mis en lumière un constat alarmant propre au contexte tchadien : si les victimes de VBG bénéficient généralement d’une prise en charge somatique et juridique, la dimension psychologique est presque systématiquement négligée. Une lacune grave, qui compromet toute perspective de reconstruction durable.
Face à ce vide, le conférencier a plaidé avec conviction pour une prise en charge pluridisciplinaire et holistique médicale, juridique et psychologique, comme seule voie vers un rétablissement complet de la victime.
La conférence a également exploré les causes profondes des VBG ainsi que les obstacles structurels et culturels qui entravent leur prévention et la protection des victimes.
Riches en partages d’expériences et de connaissances mais surtout très participatifs, les échanges ont permis une étude profonde des faits et des mesures à prendre afin de minimiser les dégâts.
La rencontre a réuni le Directeur Général de l’AUF, les membres de l’organisation ainsi qu’un public composé majoritairement de jeunes filles et de femmes premières concernées, et premières actrices du changement.